Au fil de l’année 2014
2014 marque à double titre un tournant, une année charnière où le monde semble accélérer, au moment où je sors du corpus social pour entrer dans le cinquième épisode de ma vie, la retraite.
La technologie s’invite partout : les objets connectés quittent les salons futuristes pour entrer dans nos vies quotidiennes, tandis que les réseaux sociaux deviennent des places publiques planétaires.
C’est aussi une année de contrastes : des tensions géopolitiques fortes, mais aussi des élans de solidarité mondiale. Le sport rassemble des milliards de regards lors d’une Coupe du monde au Brésil. La culture explose, les artistes réinventent les codes, et l’innovation devient le moteur d’un futur qui se dessine à grande vitesse.
Au fil de l’année 2015
2015 est une année secouée, une année qui commence dans la sidération et où le monde cherche sa voix.
Dans les rues, des millions de pas résonnent pour défendre la liberté.
Dans les journaux, les crises se succèdent, les frontières se tendent, les certitudes vacillent.
Et pendant que la planète s’agite, moi, je randonne.
Je longe les falaises de Bretagne, je respire l’Iroise, je laisse les légendes me parler à la lumière magique de la presqu’île de Crozon, ou face aux falaises du bout du bout, celles du Cap Sizun.
Je n’oublie pas la montagne : le silence minéral du lac des 9 Couleurs, au cœur de cette merveilleuse Ubaye,
me pousse à ce qu’une part de moi veuille rester là, dans cette éternité de roche et de lumière.
2015 devient alors une année double : le monde vacille, et moi, je me réancre.
Au fil de l'année 2016
2016 est une année tendue, marquée par les fractures politiques, les attentats, les peurs qui s’installent et les certitudes qui s’effritent.
Et pendant que l’actualité s’assombrit, moi, je poursuis ma quête de respiration.
Je randonne, je regarde, je photographie.
La Bretagne m’offre ses lumières obliques, ses caps qui tiennent bon, ses ciels qui s’ouvrent après la tempête.
Ailleurs, dans les montagnes du Queyras et de la Maurienne, d’autres paysages me rappellent que la douceur et le calme existent, dans un reflet, une roche, un silence.
2016 devient alors une année de lumière dans un monde qui se crispe.
Au fil de l’année 2017
2017 est une année de basculements : élections sous tension, Europe qui doute, monde qui hésite entre ouverture et repli.
Et pendant que le monde s’agite, moi, je poursuis ma ligne intérieure.
Je marche, je regarde, je photographie.
Belle-Île-en-Mer m’offre ses falaises sculptées, ses lumières franches, ses sentiers qui avancent entre vent et silence.
Plus haut, le tour du Mont Thabor me ramène à l’essentiel : l’effort, la pureté des lignes et de l'immensité, la respiration retrouvée.
Puis plus au Sud, le Portugal déploie ses couleurs, ses ruelles, ses rivages, une douceur inattendue dans une année qui cherche son équilibre.
2017 est alors une année d’horizons neufs et, je continue d’avancer vers la plénitude, pas après pas.
Au fil de l’année 2018
Au fil de l’année 2019
Au fil de l’année 2020
Une année marquée par le confinement dû à la Covid, donc sans grand voyage hors de France.
Au fil de l'année 2021
En 2021, j’ai repris contact avec les lieux qui m’ont accompagné pendant des années en Bourgogne. Mont‑Saint‑Vincent, Cluny, la Roche de Solutré, le château de Drée : des étapes familières, photographiées dans une période encore marquée par les contraintes sanitaires. Ces sorties m’ont permis de retrouver un rythme, un regard, une manière simple d’être dehors.
Au fil des mois, un changement plus profond s’est imposé : quitter la Bourgogne et m’installer en Bretagne.
Là, j’ai poursuivi mes repérages et mes images à Pontrieux, Tréguier, sur l’Île Grande, dans des conditions souvent changeantes, parfois rudes, mais toujours stimulantes. Castel Meur a marqué la fin de cette transition : un lieu compact, exposé, qui résume bien ce que je cherchais alors, un ancrage nouveau, face aux éléments.
2021 reste pour moi une année de déplacement, de réajustement et de reprise accélérée du travail photographique.