La fête s’ouvre comme un vent levé. Un drapeau fend l’air, et déjà la Bretagne avance, fière, droite, portée par ses couleurs.
Les pas s’accordent, les corps s’alignent.La musique arrive, et on sent déjà son souffle dans la cadence des silhouettes.
Les instruments s’élèvent, les joues se gonflent, les doigts courent. La ville devient caisse de résonance.
Une musicienne se détache. Dans son souffle, on entend les siècles, on voit la mémoire vibrer.
Elles sont là, immobiles et vivantes,gardiennes de lumière, tissées de dentelle et de patience. Leur regard porte la Bretagne comme on porte un enfant.
Le groupe avance, plus dense, plus sonore.La fête se déploie, comme une vague qui ne cesse de revenir.
Les visages se dressent,sérieux, ancrés,habités d’une dignité tranquille.Ils sont les pierres du village,les silhouettes qui ne bougent pasmême quand le vent tourne.
Et soudain, la voix.Un cri qui n’est pas un cri,mais un appel,une joie,un éclat de vie.La tradition parle,et tout le monde l’entend.
Elles marchent lentement,comme si chaque pas réveillait un souvenir. Leur présence est un fil qui relie les vivants aux vivants.
Dans ce tumulte,un instant suspendu. Une femme, un enfant,un geste de protection,un souffle partagé. C’est ici que tout se transmet,sans bruit,sans effort,comme une évidence.
La fête reprend, comme si rien ne s’était arrêté. Mais quelque chose a changé : on a vu la source, on a vu l’avenir.La Bretagne continue,parce qu’elle circuled’un cœur à l’autre.