Elle sourit comme on sourit à la chaleur d’un souvenir.
Son visage est calme, comme un arbre qui a vu passer les saisons.
La ville s’efface dans le silence du fleuve.
Elle achète des colliers, mais c’est son sourire qu’on emporte.
Ses mains savent ce que les mots oublient.
Elle raconte, elle négocie, elle tisse le lien du jour.
Le soin passe par les pieds, comme un geste de confiance entre femmes.
Elle trie, elle prépare, elle veille sur les gestes qui nourrissent.
Elle tranche avec précision, au rythme du marché qui ne s’arrête jamais.
Elle veille sur ses épices comme sur des secrets bien gardés.
Sous les grains suspendus, elle prépare la matière brute de la vie.
Elle prend le temps de manger, au cœur du tumulte carné.
Elle se tient droite, entre les ombres suspendues et la lumière du jour.
Ses gestes sont nets, précis, comme une chorégraphie répétée chaque matin.
Elle découpe, elle prépare, elle compose le goût du jour.
Elle note, elle apprend, elle trace son chemin entre les pages.
Elle cuisine à même le sol, dans l’ombre fraîche des gestes répétés.
Elle équilibre la terre cuite comme on porte le monde.
Il tisse le silence, maille après maille, entre ciel et rivière.
Elle se laisse porter par les rails, poussée par une simple perche qui devient son moteur.
Elle ne dit rien, mais son regard contient tout.
Le monde s’agite, mais le lien reste immobile.
Elle danse pour ceux qui regardent, et pour ceux qui se souviennent.
Il est là, immobile, comme une pierre qui respire.